par Patrick Martin-Genier, le lundi 09 mai 2011

A l'occasion de la journée de l'Europe le 9 mai, à l'occasion de laquelle les institutions européennes et les collectivités territoriales dont la ville de Paris devaient organiser des manifestations informatives,culturelles et festives, Anne Houtman, chef de la représentation de la commission européenne à Paris et Alain Barrau, directeur du bureau d'information du Parlement européen à Paris, recevaient conjointement le vendredi 6 mai les associations et bénévoles européens qui consacrent une bonne partie de leur temps à informer les citoyens sur l'Europe.



Faire œuvre de pédagogie

En présence de personnalités dont Pervenche Berès députée européenne et Catherine Lalumière ancienne ministre des affaires européennes et présidente de la maison de l'Europe de Paris, Mme Houtman a souligné la nécessité de continuer à œuvrer en faveur de la construction européenne. Elle a fait valoir l'importance de la faire évoluer de l'intérieur malgré les « talons » qu'elle présente (en référence au talon d'Achille).

Mais pour elle, il est clair que l'Europe a la volonté d'aller plus loin. Il faut, a-t-elle averti, éviter deux écueils, le premier lié "à la volatilité de l'opinion publique", qui ne doit pas être un frein à la poursuite de la construction européenne et, le second, qu'elle a appelé une "arrogance excessive" de la part des représentants de l'Europe.

Bref l'Europe nécessite beaucoup de pédagogie et la journée du 9 mai constitue une excellente occasion pour cela.


Lieu de l'expression démocratique


Pour Alain Barrau, l'Europe est bien sûr inéluctable, mais il ne s'agit en aucun cas de faire dune "communication béni oui oui" sur l'Europe. L'Europe, notamment le Parlement européen, doit être un lieu fort de l'expression démocratique au sein de laquelle le citoyen doit avoir toute sa place.

L'Europe, pour communiquer efficacement, doit communiquer en réseau et dispose pour ce faire d'une grande marge de manœuvre.

Alain Barrau, qui fut parlementaire, a cependant lancé des conseils en forme d'avertissement : il est nécessaire de se battre pour préserver la dimension et l'acquis communautaires alors que, selon lui, la politique actuelle consiste à revenir de plus à l'intergouvernemental et il est indispensable de "se serrer les coudes" pour cela.

L'Europe doit aussi être présente sur des terrains très sensibles comme l'énergie, la défense, la question sociale.

Il est également nécessaire de mettre en avant, dans un contexte de mondialisation qu'il n'est pas possible de nier, l'ouverture et l'accueil "loin des réactions nationalistes et xénophobes de plusieurs pays européens."

Il convient de saluer l'initiative prise par les deux institutions majeures de l'Union européenne et les efforts constants réalisés pour informer l'opinion publique sur la problématique européenne.




Patrick Martin-Genier est Maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste des questions européennes et membre de Team Europe France.